Le marché des compléments alimentaires est en plein essor. En effet, selon le Synadiet (Syndicat national des compléments alimentaires), en 2017, celui-ci grimpe à 1,8 milliard d’euros si ce n’était qu’un milliard en 2010. 2/3 des français croient aux vertus de ces produits pour leur santé. Cependant, la science reste encore sceptique à ce sujet.

Compléments alimentaires : de quoi s’agit-il ?

Il est avant tout utile de savoir que les compléments alimentaires doivent suivre l’ensemble des dispositions générales du droit alimentaire mais aussi les règles spécifiques définies par la directive 2002/46/CE du Parlement européen et du Conseil du 10 juin 2002, transposée en droit français par le décret n°2006352. Selon cette directive, les compléments alimentaires se définissent comme « des denrées alimentaires dont le but est de compléter le régime alimentaire normal et qui constituent une source concentrée de nutriments ou d’autres substances ayant un effet nutritionnel ou physiologique seuls ou combinés, commercialisés sous forme de doses destinées à être prises en unités mesurées de faible quantité ».

Vertus fondées sur aucune base scientifique

Le Synadiet a publié au mois de mars 2018 un sondage expliquant le succès que rencontrent les compléments alimentaires, qui sont considérés comme une innovation scientifique auprès de leurs cibles. Seulement, selon le pharmacologue Jean-Paul Giroud, de l’Académie de médecine, « Il n’y a aucune base scientifique à tout ce que prétendent prévenir ou guérir ces produits ». Même si des compléments alimentaires sont recommandés comme ceux à base de vitamine D pour pallier un déficit chez les personnes âgées et l’acide folique (vitamine B9) pour les femmes enceinte, d’autres par contre paraissent inutiles voire dangereux. Les consommateurs doivent avoir en tête que ces produits sont utilisés pour compléter le régime alimentaire normal et non pas le remplacer.

Clients spontanément convaincus

Selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire et de l’alimentation (Anses) ces produits ne sont pas soumis à une autorisation de mise sur le marché. Elle craint alors que les consommateurs dépassent les limites de sécurité de prises de vitamines ou minéraux pour leur nutrition. Or, selon le sondage commandé par Synadiet, réalisé en ligne par OpinionWay auprès de 1.000 Français entre les 10 et 12 janvier 2018, près de 2/3 des Français avouent ne pas bien connaître le sujet. Mais la majorité est spontanément convaincue et pense que ces produits sont nécessaires pour lutter contre une alimentation déséquilibrée et pour éviter et limiter les petits maux.