UN MARQUEUR DE CHOIX

Le Syndrome coronarien aigu (SCA) se manifeste, d’un point de vue physiologique, par la déstabilisation d’une plaque d’athérome et un largage de troponine, protéine spécifique libérée lors de la nécrose du muscle cardiaque. D’un point de vue biologique, on observe donc une élévation de la troponine sanguine, ce qui permet de l’utiliser comme un marqueur biologique spécifique de l’atteinte cardiaque. Pour poser le diagnostic d’un SCA, on observe donc s’il y a une élévation de la troponine cardiaque (avec au moins une valeur au-dessus du 99e percentile de la limite supérieure de référence) associée à au moins l’un des signes cliniques suivants : douleur thoracique, modification de l’électrocardiogramme ou anomalie de la coronarographie (identification d’un thrombus).

 

 

UNE PRECISION INDISPENSABLE

Cette valeur au dessus du 99e percentile est néanmoins difficile à quantifier par des dosages traditionnels. C’est pourquoi le dosage des troponines hypersensibles* a été développé pour détecter des concentrations dix fois plus faibles que ne le permettaient les techniques initiales (de l’ordre du microgramme). De par sa précision, ce dosage permet une prise en charge précoce du SCA, ce qui améliore le pronostic cardio-vasculaire des patients. En pratique, la limite de détection de la troponine hypersensible est de l’ordre de 0,005 pg/mL contre 0,01 pg/mL pour les dernières générations de troponine avec un seuil d’imprécision de 0,13 pg/mL.

 

INTERETS DE LA TROPONINE HYPERSENSIBLE

 

En diagnostic précoce

Contrairement au dosage classique de la troponine qui nécessite un second dosage dans les quatre à six heures suivant le premier pour connaître le résultat, la troponine hypersensible permet de diagnostiquer de manière précoce des micronécroses du myocarde et donc de poser un diagnostic plus rapidement alors même que le patient ne présente pas encore de signes cliniques ou de signes à l’électrocardiogramme.

 

Contrôle à trois heures

Compte tenu de cette hypersensibilité, les résultats peuvent aussi conduire à une baisse de spécificité dans le diagnostic qui peut englober plus de patients, lesquels ne sont pourtant pas forcément sujets à un SCA. C’est pourquoi il est important de corréler le dosage de la troponine hypersensible aux signes cliniques et d’étudier la cinétique en effectuant un second dosage au bout de trois heures (H3). Cela permet de visualiser les élévations véritables de la troponine et de discerner les SCA d’autres anomalies physiologiques (sepsis, arythmie supraventriculaire, embolie pulmonaire, etc.).